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Au long du sentier, sinue, sillonne avec méfiance,
Arsenal, acier de syllabes, sabre et lance en sibilance.
À l'Oriflamme d'aurore, d'horreur affalé par l'Infâme,
Raz-de-marée archéen, l'encre ancrée vague à l'âme,
Hélas ici sang-substance, saigne scellée au sein des maux,
Déferle fauve par la rafale, farandole affamée du fléau.
“Délice, est-ce déjà l'heure du déjeuner ?
Désir d'un hors-d'œuvre de désastre, de déluge ou déclin,
Féroce héroïsme en dessert, désespoir en dessein.”
Somptueuse étoffe aigue-marine, vêtit de fils au point d'épine,
Rapière rouillée indélébile, tache orichalque, pointe aubépine.
Poète pince-sans-rire, Prince-émissaire de l'absence,
Promesse à présent à qui rompt le silence.
“Duelliste lyriciste à la verve viscérale,
J'avoine, je latte, je lutte, j'écrase en littéraire au littéral,
Certes pour l'Infâme, seul suffira le fourreau de mon âme.”
Sans délai, se fracture l'écorce, se fissure la pierre,
L'Infâme s'étend et se dresse sans frontières,
Aux racines abyssales, cette suzeraine sans égale,
Prédatrice impériale, souveraine du règne animal.
“Pitié, épargne-moi, piètre prétexte pour un héros,
Après un périple pénible, prêt à périr pour quelques mots,
Puérile peinture d'un paradis, papillon, partage et pain d'épice,
Où le temps perdure, paisible, purgé, exempt de tout supplice.”
Affligé de phrases, façonnées de métaphores,
Absinthe sonore, fond d'amphore en anaphore.
“En effet fou-féru de friandises stylistiques, langue aiguisée en logogriphes,
Amuse-gueule presque escogriffe ; Plume plus acérée que tes griffes.
Car qui croît au chaos récolte la colère, de chrysalide à chrysanthème,
Brûle ! Brûle ! Flamboie obscurément ! Enflamme en l'ombre ébène !”
Véhément, l'Infâme lâche un rire, râle et chavire, hurle et déchire.
Poussière déposée sur douze yeux grands ouverts,
Ses plumes vêtues de lierre, en paire, en repère.
Alors qu'au loin sous l'affluence, se verse l'océan, s'essouffle le soleil,
Où la vallée gronde, où le vent souffle, où la brume se lève,
Où la forêt s'embrase et la rivière rêve.
“Vif fiel, ersatz-miel, vice versé en ma sève, vers vermeils à mon seuil,
L'horizon seul est un cercueil, le cosmos est mon linceul,
Sur ce désert de chair, sous l'ultime éperon de pierre,
Émissaire, je languis du fruit de la guerre, d'eau qui désaltère."
"En formes affamés de fonds, en sons assoiffés de sens."
"Ici, ma Faim ravage la terre, empoisonne l'eau, étouffe le ciel,
Ma Faim est conflits, laideur, tristesse et tragédie,
Ma Faim est amour, camemberts, excellents calembours,
Ma Faim est toutes choses belles, mais non toutes pour toujours,
Ma Faim est là où que tu ailles, dans chaque sourire et chaque larme."
"Parfait équilibre d'Infâme.”
Adressé aux démences insensibles, aux échecs silencieux,
Aux vacarmes infâmes, aux victoires sans saveurs,
Aux lueurs sans lumière, aux insatiables rieurs,
Aux mégalomanes syntaxiques, aux spectres et spectateurs.
Toujours affamés, toujours assoiffés, et qui jamais ne meurent.